Notre démarche

Nous voulons continuer à développer ce sujet qui est sans doute le plus grand défi auquel est, et sera, confrontée l'Europe.

 

À la dimension humaine des portraits déjà réalisés, nous voulons ajouter l'aspect territorial. Lieu de passage, non-lieu de vie, combinaison entre nature, technique, culture, le territoire traduit tous les enjeux humains que soulèvent la question migratoire.

En parallèle à cette démarche humaniste, c’est ce hors-champ que nous souhaitons désormais développer lors d'un second voyage. L'épreuve, la route, le parcours, le territoire sont des notions intimement liées au voyage de ces personnes jusqu'aux frontières de l'Europe, puis encore après au sein de l'espace Schengen, ce sont des questionnements permanents. Comme un écho à ces hommes et femmes que nous avons rencontrés, nous voulons réaliser un travail photographique sur les moyens physiques mis en oeuvre pour les accueillir – centres d’urgence, logements collectifs, individuels, locaux réhabilités pour faire face à la situation ; et sur les moyens qui, au contraire, tentent de contrôler, d’empêcher leur entrée en Europe – centres de rétention, murs, barrières, contrôles aux frontières et même fermetures de certaines.

Le territoire est un marqueur du rapport que nous entretenons avec notre environnement, il traduit physiquement et durablement aussi bien des problématiques économiques, politiques que culturelles, c'est un reflet de notre vision du monde, qu'elle soit ouverte ou fermée.

Aussi, dans le contexte migratoire actuel, quel climat social aux abords des « murs de la honte » clôturant les points de passage, des centres d’identification et d’expulsion, des « bidonvilles », « jungle » ? Quels sont les impacts immédiats et quelles traces seront laissées, durablement, visibles, sur le territoire européen ? Est-ce que l'espace Schengen, aire symbolique d'un vouloir vivre ensemble, survivra ?


Notre travail photographique se veut être une recherche sur les réponses apportées à ce qui est qualifié de « crise des migrants », une consignation des empreintes qu’elle laisse et laissera sur le territoire européen, nous souhaitons enregistrer photographiquement notre ouverture (territoriale) à l'Autre.

Les auteurs : Céline ISAERT & Vincent BRUGERE

Calais, Bourgas, parcours de « migrant ». Deux personnes différentes aux approches photographiques différentes pour aborder un même sujet. 
Céline, formée à la photographie, professionnelle de l’image, une pratique axée documentaire ; Vincent, un parcours universitaire dédié aux sciences sociales, une approche photographique orientée studio.

Céline ISAERT

J’ai commencé la photographie à l’âge de 16 ans. Bien avant cela je m’intéressais déjà à l’image - animée principalement, toujours sous un angle esthétique. Je dévorais les films, surtout les films d’horreur, noirs, adaptés de livres autobiographiques, de faits divers qui vous happent dans des univers sombres, construits ou réels, et dans lesquels des âmes solitaires se perdent ou au contraire résistent.
Cet attrait pour le « brut » dénué d’artifice ne m’a jamais quittée.
Étudiante, je dévorais l’image photographique comme, adolescente, les films. Trois pellicules par semaine, jamais moins.
Mes sujets ? Documenter le quotidien, l’anecdote ; mes proches, l’intimité qu’ils révèlent.
Puis la route, cette route inéluctable, déserte, comme suspendue dans le temps. On l’emprunte tous, de façon quotidienne ou ponctuelle, mais certains s’attardent là où d’autres ne font que passer. De la campagne à la ville, je me suis mise à photographier les maisons, les blocs d’immeubles, les façades. Les fenêtres, les balcons, tant d’intimités mises à jour. Puis il y a eu l’humain, et cette recherche encore, de l’intime et du brut. Des bribes de vies recueillies grâce à la photographie.

 

Repères :
05/1985 : naissance
06/2004 : certificat d’enseignement secondaire, technicienne photographie argentique, Institut Saint-Luc, Tournai (Belgique)
06/2008 : bachelor arts appliqués, option photographie et images animées, Institut Saint-Luc, Tournai (Belgique)
06/2009 : master 1 Recherche cinéma, Université Montaigne, Bordeaux III
04/2008 : exposition collective « Les fenêtres qui parlent », Maison Folie Moulins, Lille
06/2008 : exposition collective « Jubilé des CHU», CHRU de Lille
2010 - 2015 : photographe studio, opérateur-tireur
Depuis 2014 : rédactrice pour le webzine Caustik magazine

Contact :

Céline Isaert - 159 rue de Bagnolet, 75020 Paris - 06 81 83 81 06 - c.isaert@gmail.com - www.cequimapparait.com

Vincent BRUGERE

Septembre 2011, j’entame une étude photographique du corps, individuel et social ; objectif : sérier ses perceptions/représentations ; la photographie : l’outil qui me permet d’explorer et de mettre en images l’inconscient collectif.
Mes premières recherches : corps en souffrance, produit de consommation courante, figure christique érigée en modèle, le corps des femmes dit par les femmes.
Le corps, ses perceptions/représentations, un plan éminemment immatériel ; cependant mes travaux abordent aussi l’organique et ses altérations, les consigner ; la chair, végétale au départ, animale par la suite ; la viande, la mettre à l’épreuve, le temps, le feu, l’eau ; la pourriture, en scruter l’évolution, la propagation. Observer la vanité de notre condition charnelle ; naître, vivre, pourrir.
Parce que « je suis un corps », au sein de mes travaux, le spirituel, la personne prennent place aux côtés du corporel. Je déshabille l’Humain, le portraiture de façon crue et sans détour ; comprendre qu’une photographie n’en résumera jamais toute la complexité.

 

Repères :
04/1980 : naissance
06/2002 : obtention du diplôme de l’Institut d’Études Politiques de Toulouse
09/2011 : premiers travaux photo
05/2013 : 1ère exposition, 13ème Festival Européen de la Photo de Nu, Arles
06/2103 : finaliste appel à concours Compétence Photo « Huis clos Le couple »
09/2013 : exposition, 13ème Rencontres de la photo, Chabeuil
2014/2015 : photographies personnelles et de commande publiées à des fins d’illustration au sein de brochures de saison de théâtres et de scènes nationales (notamment Paris, Besançon, La Rochelle)
05/2014 : portfolio diffusé au sein de l’Entrepôt Magazine
06/2015 : lauréat du 2ème prix concours conjoint MAP Toulouse/Fisheye Magazine

Contact :
Vincent Brugère, 159 rue de Bagnolet, 75020 Paris - vincent.brugere@gmail.com - 06 85 32 65 78 - www.instant-plastique.com