La Bulgarie,

   L'un des tout premiers murs

BARRIÈRE BULGARO-TURQUE, SHTIT - 21 DECEMBRE 2017 

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Nous l'avons constaté lors de notre premier voyage, la situation bulgare n'est pas simple ; Histoire complexe, situation économique difficile, l'ouverture à l'Autre n'y est pas une évidence.

2013 est une année cruciale pour comprendre la construction de cette barrière ; 2012, 1 387 demandes d'asile sont déposées en Bulgarie, 7 144 le sont en 2013 ; au cours de la même année, plus de 2 millions de Syriens quittent leur pays et se réfugient dans les pays frontaliers du leur.

En 2014, 11 080 demandes d'asile sont déposées en Bulgarie ; à l'été 2014, la première partie du mur est construite ; en décembre, les autorités annoncent une prolongation de 130 kilomètres en plus de la trentaine déjà en place.

Aucun contrôle de police au cours de notre traversée de ce pays ; le seul, à l'approche de la frontière turque. Même protocole que pour les barrières précédentes, trouver un accès routier pour nous en approcher au plus près en véhicule, puis terminer à pied, de la façon la plus discrète possible.

Nous choisissons la « route » 5509, sur les derniers kilomètres qui nous séparent de la Turquie, en direction du village de Shtit. Nous croisons un poste de contrôle, un simple container, un tas de bois sur le côté pour le poêle dont la cheminée dépasse de cette boite en métal. Deux policiers nous font signe de nous arrêter, ils ne payent pas de mine ; leur uniforme, un simple gilet de « signalisation » et un bandeau noir sur lequel était écrit « police », on aurait pu les prendre pour des balayeurs de rue. Le contrôle dure près d'une demi-heure, le temps nécessaire au décryptage de nos cartes d'identité.

La situation a des accents comiques, anglais approximatif, allers et retours entre le container et notre véhicule pour nous demander quels sont nos noms, prénoms, noms de famille, noms du père ; nous savons que ces personnes ont la possibilité de nous dire non et de nous empêcher de continuer notre route. Après 30 minutes, nous avons enfin l'autorisation de passer.

Dans la journée même, nous quittons la Bulgarie, avec une image différente du souvenir que nous en avions, outre Sofia que nous connaissions, nous avons pris la mesure de la pauvreté qui règne dans la campagne bulgare.

Nous prenons la route pour nous rendre dans notre prochain pays de prise de vues : la Grèce.