La Hongrie,

   Une totale fermeture

BARRIÈRE HUNGARO-SERBE, KÉLÉBIA - 17 DECEMBRE 2017 

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Notre travail photographique nous ramène sur le « continent », en Hongrie. Depuis 2015, l’État hongrois mène une politique ouvertement hostile à l'égard des « migrants », dans le plus grand mépris du droit européen et international.

En 2015, outre la fermeture de ses frontières avec la Serbie et la Croatie, la Hongrie ouvrent des « zones de transit » à seulement deux postes-frontières ; seulement 30 personnes par jour sont autorisées à y pénétrer pour demander l’asile.

Juin 2016, une loi établit une zone tampon de 8 kilomètres sur le territoire hongrois le long de la frontière avec la Serbie, tout demandeur d'asile contrôlé dans cette zone peut ainsi être renvoyé immédiatement vers la Serbie.

Octobre 2016, le gouvernement hongrois organise un référendum portant sur l'accord de relocalisation des migrants proposé par l'UE. Le « non » l'emporte mais le nombre de suffrages exprimés n'est pas suffisant pour que le scrutin soit reconnu valide.

Mars 2017, une nouvelle législation impose le regroupement de tous les demandeurs d'asile présents en Hongrie dans deux camps fermés installés à la frontière serbe, à Röszke et à Tompa ; l'objectif de cette mesure, « empêcher les migrants dont le statut n'est pas clairement défini de se déplacer librement sur le territoire national et au sein de l'Union européenne, et donc de réduire les risques sécuritaires liés aux migrations », selon le ministère de l'Intérieur; dit plus clairement, cette loi permet le placement systématique en détention des « migrants ». Ils pourront quitter ces deux camps uniquement lorsqu'ils recevront une réponse définitive à leur demande d'asile, réponse positive et liberté de circuler ou réponse négative et expulsion en Serbie.

7 juin 2015, le gouvernement hongrois annonce la fermeture de sa frontière avec la Serbie et la construction d'une clôture de près de 4 mètres sur les 175 km de cette frontière. Terrassement, déploiement de barbelés à installation rapide, construction de la barrière elle-même, puis extension sur la frontière terrestre séparant la Hongrie et la Croatie : à la mi-octobre 2015, l'intégralité des frontières terrestres hungaro-serbe et hungaro-croate est fermée, tous les départements hongrois de ces zones frontalières sont placés en état de crise suite à une immigration jugée massive et périlleuse pour l’État hongrois.

En tant que ressortissants d'un pays membre de l'espace Schengen, nous n'avons été confrontés à aucun contrôle de police avant d'être repérés près de la frontière serbe.

Le premier, aux environs de minuit trente, nous buvons un dernier café sur le parking d'une station-service ; deux policiers nous contrôlent ; pendant près d'une demi-heure, ils tentent de déchiffrer nos cartes d'identités, de remplir une sorte de procès-verbal d'intervention, ils nous demandent à plus d'une dizaine de reprises si nous nous étions rendus à la frontière serbe, ils répètent « Border Roskje », « Border », Roskje est un des villages où nous avons fait des repérages pour atteindre la barrière à photographier, nous nous posons des questions, avons-nous été contrôlés parce que repérés plus tôt dans la journée ?

Le second contrôle de police a lieu le lendemain, sur la route de la Bulgarie en quittant Stzeged.