La Finlande, 

   Un contrôle strict

JOUTSENO - 14 NOVEMBRE 2017 

1/12

Premier centre d’État que nous visitons en Finlande, c'en est l'un des plus importants, en termes de personnes accueillies mais également parce qu'il comporte l'une des deux unités de rétention du pays (40 places actuellement, 70 en cours d’aménagement), la seconde étant à Metsälä (40 places, implantée dans la banlieue d'Helsinki).

Nous sommes reçus par le directeur adjoint, nous espérons progresser dans la compréhension de la politique d'accueil de ce pays.

 

Cette structure d'accueil est située à plus de 20 kilomètres de Lappeenranta, ville la plus proche (environ 72 000 habitants) et à plus de 12 km du premier supermarché ; elle est plus proche de Saint-Pétersbourg (qui compte 5 millions d'habitants, presque autant que la Finlande) que d'Helsinki. Ce centre est composé des nombreux anciens locaux d'une prison construite dans les années 1920-1930. Plusieurs bâtiments de l'unité pénitentiaire étaient dédiés à la réinsertion des prisonniers, travaux agricoles, ateliers de mécanique. Les derniers prisonniers ont quitté l'établissement en juin 2011. Notre interlocuteur nous a également expliqué que le bâtiment principal tombait aussi en partie en ruines parce que le personnel de la prison avait appris la fermeture de l'établissement quelque chose comme trois ans avant la fermeture effective ; celle-ci étant annoncée, l'entretien de l'établissement a cessé.

Implanter un centre de demandeurs d'asile doublé d'une unité de rétention à Joutseno n'est absolument pas anodin ; le sud de la frontière russe est un des points d'entrée en Finlande les plus importants. Selon notre interlocuteur, la Russie n'est pas très ouverte à l'immigration, d'après lui, beaucoup de personnes en situation irrégulière se cachent à Saint-Pétersbourg pour tenter d'entrer en Europe par la Finlande.

Notre discussion avec le directeur adjoint est riche d'enseignements et confirme ce que nous avions pu comprendre par ailleurs. La loi ne prévoit de fournir que les services fondamentaux, le taux d'acceptation et de réponses positives est faible : 25,1% en 2015, 27,5% en 2016 et 40,2% en 2017. Tout semble ainsi cohérent, la scolarisation des enfants qui est un droit et non une obligation, l'absence de tentative d'intégration, le renvoi aux frontières des personnes refusées. Comme nous l'a dit notre interlocuteur, la Scandinavie, un peu moins la Suède, contrôle rigoureusement son immigration. C'est sans doute en ce sens qu'il nous explique revendre aux réfugiés au tarif unique de 50 centimes les dons de vêtements collectés par le centre. Et c'est très certainement encore dans cet esprit de contrôle que des policiers sont venus patrouiller autour du centre, au point de venir faire demi-tour au milieu de la cour, devant le bâtiment à vivre. Nous cernons mal le sens de l'affirmation de cette présence policière, les résidents du centre ne sont pas chaudement vêtus, marchent en tongs pour certains, la première ville conséquente est à 12 km à travers la campagne (ancien marécage), il y a un nombre colossal de caméras, jusque dans les buanderies, le ministère de l'Intérieur dispose de leurs empreintes digitales, nous ne cernons que très peu ce qu'il pourrait se passer de dommageable/grave.

Les centres en Finlande