La Belgique,

   Une expérience récente

LINT - 18 OCTOBRE 2017 

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Il nous faut attendre de rencontrer André, le directeur du centre de Lint dirigé par la Rode Kruis-Vlaanderen (Croix-Rouge flamande) pour cerner plus finement le système de traitement des demandes d'asile, ici, en Belgique.

La procédure de demande d'asile peut s'avérer longue, complexe et comprendre de multiples étapes. 
De façon schématique, la demande doit être déposée auprès de l'Office des Étrangers (OE) ; son rôle, vérifier sa recevabilité, si elle doit être instruite en Belgique ou dans le pays par lequel le demandeur est entré au sein de l'UE, et ce, conformément à la procédure dite « règlement Dublin ». Si la demande est jugée recevable, alors, le demandeur doit se rendre au service « dispatching » ; sa mission, lui trouver un lieu d'hébergement. Dans ce cadre, André nous explique que chaque matin, les responsables de centre doivent transmettre leur capacité d'accueil au service « dispatching ». 
Une fois la demande jugée recevable en Belgique, elle est transmise au Commissariat Général pour les Réfugiés et les Apatrides (CGRA) ; sa fonction, instruire le dossier. En 2017, le CGRA pour 50,7 % des décisions finales (un peu plus de 9 900 décisions qui concernaient un peu plus de 13 800 personnes) a accordé une réponse positive ; 38,7 % des décisions finales accordaient le statut de réfugié et 12% le statut de protection subsidiaire. Une fois le statut obtenu, il y a un « cursus » à suivre.


André nous explique sommairement comment se déroule l'instruction d'un dossier. La Belgique se conforme à l'application de la Convention de Genève. Durant les entretiens, les instructeurs du dossier peuvent poser des questions très précises, nom de fleuve, rivière proche, ils tentent de vérifier si la personne présente bien l'accent du dialecte qu'elle prétend parler. Ce que nous comprenons entre les lignes de cette discussion, c'est que, au-delà des possibilités pour un demandeur d'asile de fournir des preuves et au-delà de la capacité de l'instructeur à les vérifier, ce qui se joue lors de ces auditions relève de l'intime conviction. Hors de toute matérialité, de preuves, le demandeur d'asile est-il parvenu à convaincre et persuader de son impératif besoin d'une protection internationale ?

Le centre d'accueil dirigé par André ouvre en 1991, sur le site d'un ancien monastère. À son ouverture, l'effectif moyen est de 120 personnes ; depuis 2015, il est au maximum de sa capacité d'accueil, soit 146 personnes, dont 18 Mineurs Étrangers Non Accompagnés (MENA).

Au début, quelques réactions d'hostilité, un voisin a planté un drapeau flamand sur sa propriété ; excepté cela, les relations avec le voisinage sont bonnes. Les enfants des résidents sont scolarisés dans les écoles alentours. Deux grands événements chaque année sont l'occasion d'une ouverture au public : en mai puis en novembre. Afin de favoriser l'intégration, des cours de néerlandais sont également dispensés.

En termes d'intégration et d'assimilation, le centre de Lint est atypique. Contrairement à beaucoup d'autres structures d'accueil, celle de Lint a été absorbée par le tissu urbain, notamment résidentiel. Chose rare, de nombreuses maisons individuelles ont été et sont encore construites autour du centre après son ouverture.

Les centres en Belgique